Solidaires - Unitaires - Démocratiques

Accueil > Précaires > Précarité dans les médias (tract)

Précarité dans les médias (tract)

jeudi 2 décembre 2010

Misère sociale * Conditions de travail dégradées * Démocratie menacée
 
Ce tract en fichier pdf (avec l’appel unitaire à la manif du 4 décembre) 
 
S’il est un secteur particulièrement touché par la précarité, c’est celui des médias, convoités par les appétits financiers et la prise de contrôle politique :

  • Le service public de l’audiovisuel est restructuré, confronté à une réduction de ses moyens et mis sous la coupe de la Sarkozie.
  • La mission d’intérêt général de l’AFP est de nouveau menacée par des projets de révision du Statut et une gestion mercantile.
  • Les médias privés traditionnels, confrontés à la baisse des budgets publicitaires et à la perte de lecteurs, continuent de faire l’objet d’un monopoly visant à maintenir les marges d’exploitation à coups de restructurations, de fusions-concentrations et de réductions de la masse salariale, souvent au prix d’une baisse de la qualité de l’information.
  • Les nouveaux médias électroniques, toujours à la recherche d’un modèle économique viable, se construisent trop souvent sur le non-respect du code du travail et des conventions collectives.
  • Les médias alternatifs sont étranglés…

A l’exception de quelques stars de l’audimat, la plupart des salariés des médias vivent une forte dégradation de leurs conditions de travail et de leur rémunération, touchant l’ensemble des professions mais en premier lieu les plus précaires : pigistes, CDD, correspondants locaux de presse…

Même dans une entreprise phare comme l’Agence France-Presse, dont le financement est partiellement garanti par un Contrat d’objectifs et de moyens sur cinq ans, signé avec l’Etat, précarité et non-respect de la loi prennent des proportions inquiétantes.
Récemment, l’inspecteur du travail a réclamé l’établissement d’une « radiographie complète de la précarité » à l’AFP, pour mettre au jour la précarité invisible : celle des pigistes ayant l’AFP comme employeur principal et dont beaucoup sont disponibles pour l’agence 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Il a aussi réclamé des solutions pour les situations sociales les plus extrêmes : CDD ne touchant pas d’indemnités chômage entre deux contrats (car ayant eu trop peu de travail précédemment), journalistes précaires travaillant à plein temps et touchant à peine plus que le SMIC, précaires employés depuis 6, 7 ans ou plus sans réelle perspective d’embauche...
 
La situation est souvent pire dans d’autres entreprises de presse.
 
Dans l’industrie, les patrons qui licencient, délocalisent et maltraitent les salariés, alors qu’ils empochent des subventions, sont communément appelés des « patrons voyous ». Alors, comment doit-on qualifier ces dirigeants des entreprises de presse qui ne respectent parfois pas la loi, mais souvent pas la dignité des salariés et des précaires, alors qu’ils ont touché en 2010 près d’un milliard d’euros d’aides de l’Etat (payées par le contribuable) ?

La mise en concurrence entre précaires et titulaires vise à « maîtriser » la masse salariale et à augmenter la productivité de tous, au détriment des conditions de travail. Problème social grave, la précarité des salariés des médias est aussi une menace sur la démocratie, car un journaliste précaire n’est pas un journaliste libre. C’est un instrument de contrôle social, pour mettre au pas l’ensemble des salariés.

  • SUD se bat, dans les médias comme ailleurs, pour la solidarité entre titulaires et précaires : pour le respect du code du travail et des limitations strictes du recours à des contrats précaires !
  • Les aides à la presse et les contrats d’objectifs et de moyens doivent être conditionnés par le respect d’une charte sociale et du droit.

Paris, le 2 décembre 2010
 
Voir l’appel unitaire signé par AC !, Appel et la Pioche, CIP-IDF, CNDF, DAL, Fondation Copernic, MQJS, SNU-Pôle Emploi, Stop Précarité, Union syndicale Solidaires, Fédération Solidaires SUD-Emploi.