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Carte de presse : pourquoi SUD ne présente pas de liste en 2012

vendredi 4 mai 2012

Les journalistes sont actuellement appelés à élire leurs représentants au sein de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. Depuis le fin des années 90, la participation à ce scrutin ne cesse de baisser : 56,1% en 1997, 50,6% en 2000, 44,9% en 2003, 43,2% en 2006, 41% en 2009. Il est fort probable que cette tendance se poursuivra en 2012, alors que le scrutin se déroule au même moment que les élections politiques (présidentielle et législatives).
 
Depuis 2006. SUD ne cesse de souligner que cette désaffection n’est pas le résultat d’un manque d’engagement des journalistes, mais liée à d’autres facteurs :
 
Des enjeux limités
Alors que la profession est en crise et que les listes en présence développent évidemment leurs réponses respectives face à cette situation, les élus n’ont pas les pouvoirs pour peser réellement sur cette situation. Car il s’agit d’élire les représentants des journalistes qui gèrent, de façon paritaire aux côtés des représentants du patronat, l’attribution de la carte professionnelle. Ni moins, ni plus.
 
Un mode de scrutin inadapté et dépassé
Parallèlement au développement de la crise et à la précarisation de la profession, le paysage syndical parmi les journalistes a profondément changé au cours de la dernière décennie, se traduisant notamment par l’effondrement de la CFTC et l’émergence de SUD.
Le mode de scrutin ne tient pas compte de cette évolution et du nouveau pluralisme syndical :
- Dans les faits, seuls les trois premiers syndicats peuvent espérer obtenir des sièges au sein de la commission de la carte.
- Seules les organisations jugées « représentatives », selon des critères dépassés, peuvent présenter des listes dès le premier tour de ce scrutin. Cette règle exclut SUD du premier tour, et permet à d’autres organisations de bénéficier d’une situation privilégiée, alors que leur score lors du 2e tour de l’élection 2009 se situait dans la même fourchette que celui de SUD (entre 4 et 5% des voix, cf. le tableau des résultats 2009).
 
Rappel des résultats de l’élection
à la Commission de la carte 2009 (2nd tour)

 
Liste. % Voix
SNJ. 49,59. 7470
CGT 19,13. 2882
CFDT. 12,86. 1937
CFTC. 4,98. 750
FO. 4,70. 708
CGC. 4,63. 698
SUD. 4,11. 619
 
Taux d’abstention de 59,4%
 
Une élection qui ne détermine pas la représentativité dans la profession
La loi du 20 août 2008 instaure de nouveaux critères de représentativité. Faisant suite à un accord national Medef-CGT-CFDT, cette loi vise à limiter le pluralisme syndical, en réservant la représentativité aux grandes organisations, avec l’objectif d’écarter notamment les syndicats SUD.
 
Pour être représentatif au niveau d’une entreprise, un syndicat doit obtenir 10% lors des élections au Comité d’entreprise. Au niveau d’une branche, le seuil est fixé à 8%, et cette représentativité est déterminée par l’addition des résultats des élections professionnelles dans les entreprises de la branche. Tel est le cas dans toutes les branches, y compris dans les médias.
 
Légalement, l’élection à la commission de la carte ne détermine pas la représentativité dans la profession (d’autant que les journalistes en retraite depuis moins de cinq ans peuvent participer à ce scrutin, ce qui n’est pas le cas lors des élections professionnelles dans les entreprises).
 
La légitimité de SUD parmi les journalistes n’est plus à prouver
En 2006 et en 2009, SUD a présenté des listes au second tour de l’élection à la commission de la carte. Malgré notre exclusion du premier tour, nous avons hissé notre score au même niveau que celui de trois autres organisations traditionnelles qui, elles, étaient présentes dès le premier tour.
 
Nous avons ainsi fait la preuve de la légitimité de notre action parmi les journalistes.
Depuis 2009, l’implantation de SUD parmi les salariés des médias (journalistes, administratifs, techniciens…) a encore progressé, avec un poids réel dans plusieurs entreprises emblématiques et la création de nouvelles sections.
 
SUD est deuxième syndicat à Radio France (4.000 salarié-e-s) et a prouvé sa représentativité à l’AFP (1.400 salariés sous contrat français). Nous sommes premier syndicat à TV5Monde et au journal Presse Océan. Parmi les autres entreprises où SUD est présent : France Télévisions, Hachette Filipacchi Associés et Plurimedia (groupe Lagardère), Radio France Internationale, Monte Carlo Doualiya.
 
Cette progression de SUD (syndicat intercatégoriel s’adressant à tous les salariés des médias, quelle que soit leur profession), s’appuie souvent sur une réelle implantation parmi les journalistes, comme le montre encore le récent succès de la liste commune SNJ-SUD au Groupe Express Roularta.
 
Dans ce contexte, et à l’égard de notre patient travail d’implantation dans le secteur des médias, l’élection à la commission de la carte 2012 n’est pas une priorité pour notre action. Par conséquent, et quelle que soit l’issue du premier tour de ce scrutin, SUD ne présentera pas de liste au second tour.
 
SUD appelle l’ensemble des salariés des médias à faire les choix qui s’imposent, pour défendre leurs droits et lutter pour une information indépendante face aux pouvoirs financiers et politiques.
 
Rejoignez le syndicalisme solidaire, unitaire et démocratique !  
Paris, le 4 mai 2012

Voir également :
Bilan de l’élection 2012 à la carte de presse
Un taux d’abstention record, qui doit inciter à une réflexion de fond
Lire le communiqué (document PDF)