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Presse Océan va de nouveau connaître des suppressions de postes

jeudi 4 novembre 2010

Depuis 20 ans, Presse Océan, quotidien régional dont le siège se situe à Nantes vit au rythme des plans sociaux. Lesquels s’accompagnent de départs volontaires, des reconversions et autres mesures qui n’ont pour seul résultat que de réduire le nombre de salariés travaillant dans l’entreprise. Les effectifs sont passés durant cette période de 300 salariés à 75.
 
Le rachat du titre qui était alors la propriété du groupe Dassault par le groupe Sipa Ouest France n’a pas endigué cette tendance. Depuis l’arrivée de ce nouvel actionnaire en décembre 2005, Presse Océan a vu son imprimerie fermer, puis son édition vendéenne rayée de la carte, entraînant le reclassement de 30 personnes.
 
Aujourd’hui, un nouveau coup dur s’annonce pour les salariés, puisque la direction vient d’annoncer l’introduction d’un nouveau logiciel rédactionnel qui va provoquer la disparation pure et simple d’un métier. L’arrivée de ce programme signerait la disparition des tâches de mise en page actuellement réalisées par l’atelier du pré presse. Les typographes qui effectuent actuellement ce travail qui nécessite une haute qualification se verraient ainsi remplacés par des lignes de code.
 
Selon l’actuelle organisation du travail, les rédacteurs rédigent leurs articles qui sont ensuite relus, corrigés et éventuellement amendés par les secrétaires de rédaction qui réalisent ensuite des maquettes des pages. Lesquelles sont ensuite exécutées par les typographes. Ces derniers réalisent également toutes les infographies publiées par le titre.
 
Ce logiciel dont la direction souhaite l’introduction est censé permettre de réaliser directement des « prémaquettes » de l’ensemble de l’édition.
 
La logique éditoriale se voit inversée. Alors qu’auparavant, c’est le rédacteur qui définissait l’importance et le type de traitement qu’il devait consacrer à chaque information, il devra à présent rentrer dans des cases prédéfinies par avance.
 
La relecture ne sera plus effectuée par les secrétaires de rédaction, mais par d’autres rédacteurs qui verront cette nouvelle tâche s’ajouter à une charge de travail déjà importante.

Aujourd’hui, ce plan concerne les dix salariés du « prépresse » à Presse Océan auxquels il convient d’ajouter quinze salariés au Courrier de l’Ouest et dix au Maine Libre. Ces trois titres font partie des Journaux de Loire, filiale de Sipa Ouest France.
 
Les élus du personnel estiment que les trois journaux font figure de « laboratoire social » au sein duquel la direction du groupe Sipa expérimente des organisations qui se verront transposer au sein de tout le groupe « Ouest France », malgré les dénégations que lui oppose la direction en leur opposant un soi-disant « respect » des cultures et des histoires de chaque titre.
 
C’est donc un métier qui est appelé à disparaître et les salariés qui l’exercent sont invités à partir, sans aucune considération pour ce qui a été leur métier pendant de longues années.
 
À ce jour, nous en sommes au début des réunions de négociation, la direction ne parle pas de licenciement, mais de départs volontaires. Elle souhaite qu’un maximum de personnes, toutes catégories de personnel confondues, se déclare partantes.
 
On peut s’interroger sur la viabilité de ce jeu de « chaises musicales », dont l’un des objectifs affichés est de proposer des formations aux monteurs pour que ceux-ci deviennent secrétaires de rédaction. Une profession, au sujet de laquelle il ne nous semble pas invraisemblable de penser qu’elle pourrait très bien faire les frais d’une nouvelle vague de « modernisation », d’ici deux ou trois ans.
 
En effet, dans un contexte de crise de la presse, la politique menée par la direction n’a pour seule visée que la réduction des coûts de fabrication d’un journal à travers, notamment, la réduction des effectifs sans se soucier de la qualité finale de l’imprimé vendu aux lecteurs.
 
Nous affirmons que la disparition d’un métier ne peut, contrairement à ce que prétendent les représentants de la direction, améliorer la qualité du titre.
 
Les risques d’erreurs sur le fond comme sur la forme vont logiquement augmenter.
 
Mais à la fin de l’année, le résultat d’exploitation sera meilleur et aujourd’hui c’est tout ce que semble ambitionner la direction de nos titres.
 
Lors du comité d’entreprise extraordinaire où la direction a exposé ce plan, les élus SUD et CGT ont, à l’unanimité, voté contre ce projet, ce qui ne bloque pas la procédure. Les élus ont ainsi motivé leur vote : « Nous ne cautionnons pas la suppression pure et simple d’un métier et de postes de travail. Dans l’état actuel, nous ne comprenons pas comment ce projet peut améliorer la qualité du journal. »
 
Aujourd’hui, des réunions de négociations commencent sur le volet social de ce dossier.
 
4 novembre 2010
 
SUD PO Presse de l’Ouest (Union syndicale SUD Culture & Médias Solidaires)